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L'église Saint- Martin (4 / 4)

4. Quelques prêtres importants dans la vie de l'église

L'abbé Girou

L'abbé Girou, vicaire à La Canourgue, a écrit une notice sur l'église où il donne quelques détails intéressants. La statue de N.D. de la Blonde ou Blande (nom occitan de la salamandre), dont on invoquait la protection contre les reptiles venimeux, " se voyait naguère encore ", écrit-il, dans l'église actuelle : " Petite, raide, assise, figure de négresse, un reliquaire percé à hauteur des reins ". Elle a été récemment volée par quelque amateur d'antiquités.

L'église Saint-Martin, selon Girou (1858), aurait été construite par des Francs- Maçons, " associations laïques venues des écoles italiennes". Le clocher, ou coupole, qui surmontait le grand portail et s'écroula en 1670, était de forme byzantine, selon le même Girou. Des deux travées qu'il entraîna dans sa chute, on a marqué au sol, sur la place, l'emprise des deux piliers, pour la première; les bases des deux autres piliers sont dans le sol des maisons qui font face à l'église.

La voûte de l'église, démolie, a été reconstruite en style ogival : ce pourrait être, dit encore Girou, en 1395. Cette ogive, fait- il remarquer, est plutôt du plein cintre brisé. La grande porte d'entrée ogivale date peut-être du 12e siècle: les motifs des sculptures sont des épines entrelacées. Malgré sa mutilation si regrettable et les chapelles de supplément dont on l'a gratifiée, l'église " canonicale " des Canourguais reste une des plus riches du Gévaudan.

Le curé Grousset (mi XIX ème)

Le curé Grousset, vers les années 1860- 1870, a fait subir à son église un certain nombre de transformations, qu'il a consignées dans les archives paroissiales. Il a modifié l'affectation de plusieurs des 7 chapelles qui rayonnent autour du déambulatoire. Dans la 3e chapelle en partant de la gauche, celle de Sainte-Catherine, se dressait le tombeau de la famille Maillan. Il l'a supprimé (la famille, dit-il, est depuis long- temps disparue) et a fait de cette chapelle la sacristie.

C' est devenu maintenant la chapelle de N.D. de Lourdes, dont la statue s'abrite dans une grotte artificielle: initiative du curé J.A. Prosper Baffie, en l'an 1878. La chapelle axiale fut jadis dédiée à saint Firmin. " Nous y avons trouvé une pierre ronde de la forme d'une colonne et dans laquelle était un os couvert avec un peu de terre ". " Relique de saint Firmin ", ont dit les anciens de la paroisse. " J'ai laissé le tout, poursuit Grousset, sous le tombeau de l'autel ".

Par la suite, il a transporté la relique à la seconde chapelle en partant de la gauche et dédié à saint Firmin cette chapelle (elle a gardé le vitrail de ce saint). Depuis, on a délogé saint Firmin et le curé Metge, ne croyant pas à ces reliques, ne les a pas gardées. (Que le saint lui pardonne... et l'évêque de Mende Aldebert III, animé d'une passion si ardente pour les reliques !) Aujourd'hui sainte Thérèse de l'Enfant Jésus a pris possession de cette chapelle : les saints anciens doivent faire une place aux nouveaux ! Mais quelquefois les anciens résistent : tel saint Antoine de Padoue, toujours populaire, et resté où l'avait mis le curé Grousset, dans la quatrième chapelle, à droite de la chapelle d'axe; et saint Roch, dans la chapelle suivante: le jour de la fête du saint, le curé Grousset y disait la messe, suivie d'une procession: la paroisse avait fait un voeu à saint Roch, invoqué avec confiance lors des épidémies de peste.

La septième chapelle porte un vitrail de l'Annonciation, tandis que le vitrail de la première, en face, reproduit saint Joseph et la Sainte Famille; mais le vitrail a été posé à l'envers (explique le P. Baffie Auguste l'ancien curé) et saint Joseph, près de son établi, semble gaucher. Certaines bases de colonnes, dans l'église, avaient été tronquées, pour qu'on pût adosser plus facilement les bancs aux murs: le curé Grousset les a fait toutes rétablir, en 1859. Il a fait remettre aussi dans leur état primitif les fenêtres des chapelles qui avaient été modifiées ou carrément bouchées, surtout les trois de la chapelle axiale.

Il se flatte que toutes sont maintenant "conformes aux règles de l'art ". Sur l'actuelle Place au Blé, il a fait dresser, à l'emplacement d'une maison qu'il a achetée, une croix en fonte (près de la fontaine) : on peut s'y rendre pour la procession dominicale. En 1865, il a fait blanchir l'église avec du blanc de zinc et du lait.

Le curé Bourniol (début du XX ème)

Sous le curé Bourniol, en 1933, on gratte le crépi intérieur des voûtes et des murs. .. Adieu le blanc de zinc du bon curé Grousset ... On met à nu les moellons, on fait les joints. On supprime la méchante tribune en bois, contre le mur pignon. Les sculptures des chapiteaux ou des colonnettes apparaissent alors dans toute leur netteté et l'alternance des grès rouges et des calcaires blancs crée une belle symphonie. En 1934, on songeait à placer, contre le mur de façade peu gracieux et improvisé (aujourd'hui bien amélioré) un porche d'entrée au-dessus duquel seraient aménagées des tribunes de pierre. L' église aurait paru ainsi presque aussi grande qu'autrefois, avant l'écroulement de ses deux dernières travées.

L'abbé Soulié

De 1996 à 2002, l'église Saint Martin a connu une nouvelle vague de travaux et d'aménagements dont les marques les plus visibles sont sans aucun doute la nouvelle porte d'entrée et la mise en place d'un grand orgue ...

Cette visite est maintenant terminée,
refermez cette porte et venez découvrir les autres trésors de Banassac et La Canourgue

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